Ce que dit la loi Hoguet sur la gestion des impayés
La loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet, impose à tout administrateur de biens de détenir une carte professionnelle G (gestion immobilière), une garantie financière et une assurance responsabilité civile professionnelle.
Le mandat de gestion constitue le cadre contractuel central. Il définit les missions déléguées par le bailleur : encaissement des loyers, gestion des charges, et suivi des incidents de paiement. L'administrateur ne peut agir que dans les limites de ce mandat.
Sur les impayés, la jurisprudence est constante : le mandataire est tenu d'une obligation de moyens, pas d'une obligation de résultat. Il doit déployer des diligences sérieuses. Mais il ne garantit pas l'encaissement.
Les responsabilités précises de l'administrateur vis-à-vis du bailleur
Trois axes structurent votre responsabilité en matière d'impayés.
1. La vérification de solvabilité à l'entrée
La jurisprudence contraint le gestionnaire à s'enquérir de la solvabilité du candidat locataire avant toute signature. Un dossier insuffisant accepté sans réserve engage votre responsabilité si des impayés surviennent.
2. La réactivité dès le premier impayé
Des décisions de justice ont retenu la faute d'un administrateur qui avait attendu près d'un an après les premiers incidents de paiement avant d'engager une procédure judiciaire. La règle pratique : agir dès le deuxième mois consécutif d'impayé.
3. Le respect des délais GLI
Lorsque le mandat intègre une garantie loyers impayés (GLI), les conditions générales imposent des délais stricts pour l'envoi du commandement de payer et la déclaration de sinistre. Ne pas les respecter entraîne le refus d'indemnisation par l'assureur : et une mise en cause de votre responsabilité par le bailleur.
Le processus de recouvrement adapté à la gestion locative
Étape 1 : La relance amiable (J+5 à J+15)
Dès le défaut de paiement constaté, un contact direct s'impose : appel téléphonique, SMS, email. L'objectif est d'identifier la cause (oubli, difficultés passagères, litige sur charges) et d'obtenir un règlement ou un engagement écrit.
Étape 2 : La mise en demeure (J+30)
Si la relance amiable reste sans effet, un courrier recommandé avec avis de réception met formellement le locataire en demeure. Ce courrier déclenche la course contre la montre GLI si une assurance est souscrite.
Étape 3 : Le commandement de payer (J+30 à J+45)
L'acte délivré par un commissaire de justice est le préalable obligatoire à toute procédure d'expulsion. Il ouvre un délai de deux mois au locataire pour régulariser. Il déclenche également formellement la GLI dans la plupart des contrats.
Étape 4 : La déclaration de sinistre GLI
Le sinistre doit être déclaré à l'assureur dans les délais contractuels, généralement dans le mois suivant le commandement de payer. Passé ce délai, la garantie peut être refusée.
Étape 5 : La voie judiciaire
Assignation en référé devant le tribunal judiciaire, audience, ordonnance de résiliation du bail et d'expulsion. Les délais varient de 3 à 12 mois selon les juridictions. Le commissaire de justice exécute la décision.
Quand l'administrateur engage sa responsabilité personnelle
Quatre situations exposent concrètement le mandataire :
- Accepter un locataire insolvable sans réserves ni vérifications documentées
- Tarder à agir : plus de 60 jours d'impayé sans relance formelle ni information au bailleur
- Manquer les délais GLI : commandement de payer hors délai, sinistre déclaré tardivement
- Défaut d'information : ne pas prévenir le bailleur des difficultés en cours, notamment si une procédure judiciaire devient nécessaire
La responsabilité n'est pas automatique. Les tribunaux examinent si le mandataire a pris les mesures attendues d'un professionnel diligent. Mais la charge de la preuve pèse sur vous.
Taux d'impayés : l'état du marché en 2025
Les données Imodirect de 2025 indiquent un taux d'impayés de plus d'un mois à 3,43 % en Île-de-France et supérieur à 4 % en province. Un chiffre en hausse régulière depuis 2023.
Fait notable : le taux d'impayés dans les biens gérés par des agences professionnelles (1,97 %) reste nettement inférieur à celui des biens en autogestion (5,33 %). La gestion professionnelle protège. Encore faut-il que les procédures soient tenues.
Questions fréquentes
Automatiser le suivi des impayés sans alourdir vos équipes
Gérer des dizaines de mandats avec des relances manuelles expose à des oublis, des retards et des pertes de garanties. Solden automatise l'intégralité de la séquence de relance en marque blanche : emails, SMS, courriers : au nom de votre agence. Vos gestionnaires interviennent uniquement sur les dossiers complexes. Aucune commission sur l'encaissé : un abonnement fixe, des coûts transparents.