La réforme de 2022 : ce qui a changé pour le recouvrement

L'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 a posé le cadre de la fusion entre huissiers de justice et commissaires-priseurs judiciaires. Cette fusion est devenue pleinement effective le 1er juillet 2022. Depuis cette date, le titre d'huissier de justice n'existe plus : le professionnel s'appelle commissaire de justice. La profession sera exercée à titre exclusif sous ce nom à partir du 1er juillet 2026.

Pour le recouvrement de créances, cette réforme ne modifie pas les compétences fondamentales. Le commissaire de justice reste l'officier ministériel habilité à délivrer des actes exécutoires, constater des faits et conduire des missions de recouvrement aussi bien amiables que judiciaires.


Missions du commissaire de justice dans le recouvrement amiable

Le commissaire de justice dispose de trois outils distincts dans la phase amiable :

La mise en demeure extra-judiciaire

Rédigée sur papier à en-tête officiel, signée par l'officier ministériel, la mise en demeure du commissaire de justice produit un effet psychologique et juridique supérieur à une relance classique. Elle constitue une preuve horodatée, opposable devant toute juridiction. Elle fait courir les intérêts de retard si ce n'était pas déjà le cas contractuellement.

Le constat

Lorsqu'un litige porte sur la réalité d'une livraison, d'une prestation ou d'un défaut, le commissaire de justice peut dresser un procès-verbal de constat. Ce document authentique sécurise la position du créancier et prévient les contestations tardives du débiteur.

La médiation et la négociation

Le commissaire de justice peut intervenir comme tiers de confiance pour proposer un échéancier ou organiser un accord amiable. Cette mission extra-judiciaire évite la procédure contentieuse tout en garantissant un cadre formalisé.


Coûts réels d'un acte de commissaire de justice

Les tarifs des commissaires de justice sont réglementés par arrêté. L'arrêté du 28 février 2024 fixe la grille applicable jusqu'au 28 février 2026.

Pour le recouvrement amiable en dehors de toute procédure judiciaire, les honoraires relèvent du secteur concurrentiel. Le commissaire de justice fixe librement ses tarifs, qui font l'objet d'une convention écrite avec le créancier.

Pour les actes liés à une procédure d'exécution, les émoluments sont réglementés :

Ces montants s'entendent hors TVA et hors frais annexes (recommandés, débours, déplacements).

L'intervention du commissaire de justice représente donc un investissement réel. Cette réalité économique renforce l'intérêt d'une phase précontentieuse solide : réserver les actes officiels aux dossiers qui ne se règlent pas autrement.


Quand mobiliser le commissaire de justice dans la chaîne de recouvrement

La chaîne de recouvrement la plus efficace respecte une logique de coût croissant :

  1. J+5 à J+45 : relances amiables automatisées (email, SMS, courrier) gérées par le logiciel
  2. J+45 à J+60 : mise en demeure pré-judiciaire par le créancier
  3. J+60 à J+90 : intervention du commissaire de justice (mise en demeure officielle ou recouvrement amiable mandaté)
  4. Au-delà : procédure judiciaire (injonction de payer, assignation)

Le commissaire de justice intervient à l'étape 3, quand les relances ordinaires ont échoué. À ce stade, le dossier doit être complet : factures, conditions générales de vente, preuve de livraison, historique des relances. Un logiciel de recouvrement fournit cette documentation de manière automatique.


Comment articuler logiciel amiable et commissaire de justice

L'articulation repose sur un principe simple : le logiciel gère la masse, le commissaire de justice gère la valeur.

Un portefeuille de 500 dossiers ne peut pas faire l'objet de 500 interventions d'un officier ministériel. Le coût serait prohibitif et les délais insoutenables. Le logiciel automatise les relances pour l'ensemble du portefeuille et identifie les dossiers qui passent au stade supérieur.

Les commissaires de justice qui travaillent en partenariat avec un éditeur logiciel SaaS gagnent sur deux tableaux : ils reçoivent des dossiers déjà documentés (historique complet, preuves structurées) et peuvent se concentrer sur les actes à forte valeur ajoutée.

Pour les créanciers, cette organisation réduit le coût moyen de recouvrement par dossier et améliore le taux de résolution global.


Questions fréquentes

Le commissaire de justice peut-il relancer directement un débiteur sans décision de justice ?
Oui. Le recouvrement amiable est une mission extra-judiciaire exercée sans aucune décision de justice préalable. Le commissaire de justice agit alors comme mandataire du créancier. Ses honoraires sont librement convenus dans ce cadre.
Quelle est la différence entre recouvrement amiable et recouvrement judiciaire pour un commissaire de justice ?
Le recouvrement amiable vise à obtenir le paiement volontaire du débiteur. Le commissaire de justice utilise des courriers, appels et mises en demeure officielles. Le recouvrement judiciaire suppose un titre exécutoire (jugement, injonction de payer acceptée) et permet de procéder à des saisies. Les tarifs et les procédures diffèrent substantiellement.
Un logiciel de recouvrement peut-il remplacer le commissaire de justice ?
Non. Le logiciel automatise la phase amiable et la communication avec les débiteurs. Il ne peut pas délivrer d'actes ayant force exécutoire, ni procéder à des saisies. Il est complémentaire, pas substituable. La bonne pratique consiste à utiliser le logiciel en amont et à mobiliser le commissaire de justice sur les dossiers résistants.

Solden travaille en partenariat avec des commissaires de justice pour offrir à ses clients une chaîne de recouvrement complète : logiciel SaaS pour la phase amiable, escalade structurée vers les officiers ministériels partenaires. Abonnement fixe, sans commission au dossier. Contactez-nous pour une démonstration.